Qui est en ligne ?
Il y a en tout 13 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 13 Invités

Aucun

[ Voir toute la liste ]


Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 273 le Dim 31 Déc 2017 - 23:49
Derniers sujets
» Question ( idiote ) ?
[Littérature] topic: prose EmptyAujourd'hui à 18:45 par Enattentedunpseudogénial

» Manuels scolaires
[Littérature] topic: prose EmptyHier à 21:00 par Pseudo

» Déjeuner de pré-rentrée 2019-2020
[Littérature] topic: prose EmptyDim 14 Juil 2019 - 13:56 par Loufoqua_lovegood

» Latin par coeur ?
[Littérature] topic: prose EmptyMer 10 Juil 2019 - 21:33 par Pseudo

» Trombi des futurs secondes 2019-2020
[Littérature] topic: prose EmptyMer 10 Juil 2019 - 13:58 par Martin Merkez

» Liste de lecture
[Littérature] topic: prose EmptyMer 10 Juil 2019 - 9:43 par Pseudo

» Groupe Instagram pour les futur(e)s secondes ?
[Littérature] topic: prose EmptyDim 7 Juil 2019 - 17:21 par jaimelavie

» Carnet ou carte d'étudiant
[Littérature] topic: prose EmptySam 6 Juil 2019 - 16:23 par Enattentedunpseudogénial

» Langues inter etablissements
[Littérature] topic: prose EmptyDim 30 Juin 2019 - 21:15 par Eotw91

Juillet 2019
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031    

Calendrier Calendrier

Site de la MDL


page facebook
Conseil de Vie Lycéenne

page facebook

Lycée Louis le Grand


site officiel
Journal du Lycée

page facebook

[Littérature] topic: prose

Page 1 sur 3 1, 2, 3  Suivant

Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty [Littérature] topic: prose

Message par xineph le Dim 6 Aoû 2006 - 23:27

voila le pendant du topic poèsie

vu que personnellement je suis plus prose que vers

j'ai rien sous la main de pas trop risible à poster, mais je vais tenter de trouver de la matière d'ici peu, en attendant à vos plumes!
xineph
xineph
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 239
Localisation : ¨Parcmètre land"
Classe : PCSI2 (mais pas ici)
Date d'inscription : 03/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur http://xineph.deviantart.com

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par emmo le Lun 7 Aoû 2006 - 12:24

ben oki pour le sujet prose car mes derniers sont en prose mais pourquoi ne pas les mettre dans le sujet poésie en tant prose poétique Very Happy
emmo
emmo
Administrateur
Administrateur

Nombre de messages : 1127
Age : 30
Localisation : When I die, I\'ll go to heaven because I\'ve served my time in HeLLG
Classe : avec pomy
Date d'inscription : 29/06/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par Grand Ric le Lun 7 Aoû 2006 - 17:27

II y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n'existait plus pour moi, quand un jour d'hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j'avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d'abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. II m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m'apporte un peu moins que la seconde. II est temps que je m'arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas en lui, mais en moi. [...] Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C'est à lui de trouver la vérité. Mais comment ? Grave incertitude, toutes les fois que l'esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? pas seulement : créer. II est en face de quelque chose qui n'est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière. Et je recommence à me demander quel pouvait être cet état inconnu, qui n'apportait aucune preuve logique, mais l'évidence, de sa félicité, de sa réalité devant laquelle les autres s'évanouissaient. Je veux essayer de le faire réapparaître. Je rétrograde par la pensée au moment où je pris la première cuillerée de thé. Je retrouve le même état, sans une clarté nouvelle. Je demande à mon esprit un effort de plus, de ramener encore une fois la sensation qui s'enfuit. Et, pour que rien ne brise l'élan dont il va tâcher de la ressaisir, j'écarte tout obstacle, toute idée étrangère, j'abrite mes oreilles et mon attention contre les bruits de la chambre voisine. Mais sentant mon esprit qui se fatigue sans réussir, je le force au contraire à prendre cette distraction que je lui refusais, à penser à autre chose, à se refaire avant une tentative suprême. Puis une deuxième fois, je fais le vide devant lui, je remets en face de lui la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s'élever, quelque chose qu'on aurait désancré, à une grande profondeur ; je ne sais ce que c'est, mais cela monte lentement ; j'éprouve la résistance et j'entends la rumeur des distances traversées. Certes, ce qui palpite ainsi au fond de moi, ce doit être l'image, le souvenir visuel, qui, lié à cette saveur, tente de la suivre jusqu'à moi. Mais il se débat trop loin, trop confusément ; à peine si je perçois le reflet neutre où se confond l'insaisissable tourbillon des couleurs remuées ; mais je ne peux distinguer la forme, lui demander, comme au seul interprète possible, de me traduire le témoignage de sa contemporaine, de son inséparable compagne, la saveur, lui demander de m'apprendre de quelle circonstance particulière, de quelle époque du passé il s'agit. Arrivera-t-il jusqu'à la surface de ma claire conscience, ce souvenir, l'instant ancien que l'attraction d'un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescendu peut-être ; qui sait s'il remontera jamais de sa nuit ? Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute oeuvre importante, m'a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d'aujourd'hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine. Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.

Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. I : Du côté de chez Swann

Il est pas joli, ce passage ? Very Happy
Grand Ric
Grand Ric
Emménage
Emménage

Nombre de messages : 1282
Age : 29
Localisation : Amorino
Classe : Oui
Date d'inscription : 09/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par Xav le Mar 8 Aoû 2006 - 10:37

OMG arrête avec Proust ! on en fait une overdose !
Xav
Xav
Prend ses marques
Prend ses marques

Nombre de messages : 66
Age : 30
Localisation : LLG
Classe : MP*1
Date d'inscription : 25/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur http://fdex.skyblog.com

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par Grand Ric le Mar 8 Aoû 2006 - 16:14

Ah ! j'ose à peine me retourner ! Il est dedans. Ah ! c'est bien fait et on tape dessus. Allons, Polonais, allez-y à tour de bras, il a bon dos, le misérable ! Moi, je n'ose pas le regarder ! Et cependant notre prédiction s'est complètement réalisée, le bâton à physique a fait merveilles et nul doute que je ne l'eusse complètement tué si une inexplicable terreur n'était venue combattre et annuler en nous les effets de notre courage. Mais nous avons dû soudainement tourner casaque, et nous n'avons dû notre salut qu'à notre habileté comme cavalier ainsi qu'à la solidité des jarrets de notre cheval à finances, dont la rapidité n'a d'égale que la solidité et dont la légèreté fait la célébrité, ainsi qu'à la profondeur du fossé qui s'est trouvé fort à propos sous les pas de l'ennemi de nous l'ici présent Maître des Phynances. Tout ceci est fort beau, mais personne ne m’écoute. Allons ! bon, ça recommence !

Pere Ubu dans Ubu Roi d'A. Jarry.

Mieux ? Laughing
Grand Ric
Grand Ric
Emménage
Emménage

Nombre de messages : 1282
Age : 29
Localisation : Amorino
Classe : Oui
Date d'inscription : 09/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par emmo le Mar 8 Aoû 2006 - 21:04

oui beaucoup Very Happy
proust c'est moult relou (avis tout à fait subjectif (je sais c'est un pléonasme Razz mais bon)) marre de chez marre
emmo
emmo
Administrateur
Administrateur

Nombre de messages : 1127
Age : 30
Localisation : When I die, I\'ll go to heaven because I\'ve served my time in HeLLG
Classe : avec pomy
Date d'inscription : 29/06/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par Grand Ric le Mar 8 Aoû 2006 - 21:59

Non, Proust c'est bien !! Rolling Eyes Twisted Evil

Voici un autre texte en prose, de Baudelaire, moins connu que ses Poemes en Prose, encore moins que ses Fleurs du Mal, c'est pourtant un beau texte, et, de plus, sur un sujet tout a fait sympathique Very Happy

Enjoy !

Profondes joies du vin, qui ne vous a connues ? Quiconque a eu un remords à apaiser, un souvenir à évoquer, une douleur à noyer, un château en Espagne à bâtir, tous enfin vous ont invoqué, dieu mystérieux caché dans les fibres de la vigne. Qu’ils sont grands les spectacles du vin, illuminés par le soleil intérieur !
Qu’elle est vraie et brûlante cette seconde jeunesse que l’homme puise en lui ! Mais combien sont redoutables aussi ses voluptés foudroyantes et ses enchantements énervants. Et cependant dites, en votre âme et conscience, juges, législateurs, hommes du monde, vous tous que le bonheur rend doux, à qui la fortune rend la vertu et la santé faciles, dites, qui de vous aura le courage impitoyable de condamner l’homme qui boit du génie ?
D’ailleurs le vin n’est pas toujours ce terrible lutteur sûr de sa victoire, et ayant juré de n’avoir ni pitié ni merci. Le vin est semblable à l’homme : on ne saura jamais jusqu’à quel point on peut l’estimer et le mépriser, l’aimer et le haïr, ni de combien d’actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable. Ne soyons donc pas plus cruels envers lui qu’envers nous-mêmes, et traitons-le comme notre égal.
Il me semble parfois que j’entends dire au vin : – Il parle avec son âme, avec cette voix des esprits qui n’est entendue que des esprits.
– « Homme, mon bien aimé, je veux pousser vers toi, en dépit de ma prison de verre et de mes verrous de liège, un chant plein de fraternité, un chant plein de joie, de lumière et d’espérance. Je ne suis point ingrat; je sais que je te dois la vie. Je sais ce qu’il t’en a coûté de labeur et de soleil sur les épaules. Tu m’as donné la vie, je t’en récompenserai. Je te payerai largement ma dette ; car j’éprouve une joie extraordinaire quand je tombe au fond d’un gosier altéré par le travail. La poitrine d’un honnête homme est un séjour qui me plaît bien mieux que ces caves mélancoliques et insensibles. C’est une tombe joyeuse où j’accomplis ma destinée avec enthousiasme. Je fais dans J’estomac du travailleur un grand remue-ménage, et de là par des escaliers invisibles je monte dans son cerveau où j’exécute ma danse suprême.
« Entends-tu s’agiter en moi et résonner les puissants refrains des temps anciens, les chants de J’amour et de la gloire ? Je suis J’âme de la patrie, je suis moitié galant, moitié militaire. Je suis l’espoir des dimanches.
Le travail fait les jours prospères, le vin fait les dimanches heureux. Les coudes sur la table de famille et les manches retroussées, tu me glorifieras fièrement, et tu seras vraiment content.
« J’allumerai les yeux de ta vieille femme, la vieille compagne de tes chagrins journaliers et de tes plus vieilles espérances. J’attendrirai son regard et je mettrai au fond de sa prunelle l’éclair de sa jeunesse. Et on cher petit, tout pâlot, ce pauvre petit ânon attelé la même fatigue que le limonier, je lui rendrai les belles couleurs de son berceau, et je serai
pour ce nouvel athlète de la vie l’huile qui raffermissait les muscles les anciens lutteurs.
« Je tomberai au fond de ta poitrine comme une ambroisie végétale. Je serai le grain qui fertilise le sillon douloureusement creusé. Notre intime réunion créera la poésie. À nous deux nous ferons un Dieu, et tous voltigerons vers l’infini, comme les oiseaux, les
papillons, les fils de la Vierge, les parfums et toutes les choses ailées. Voilà ce que chante le vin dans son langage mystérieux. Malheur à celui dont le coeur égoïste et fermé aux douleurs de ses frères n’a jamais entendu cette chanson !
(...)

Charles Baudelaire, Du Vin et du Haschich (extrait)
Texte complet : http://baudelaire.litteratura.com/vin_haschisch.php
Grand Ric
Grand Ric
Emménage
Emménage

Nombre de messages : 1282
Age : 29
Localisation : Amorino
Classe : Oui
Date d'inscription : 09/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par miss mushroom le Mar 8 Aoû 2006 - 22:17

aaahhh Baudelaire, le maître des maîtres...
j'avoue que ce texte est assez poignant, enfin, il montre bien l'addiction au vin, et baudelaire a (comme toujours), l'art de présenter ce qui semble moralement mal comme qqch de magnifique et de spécial...

bon, moi je fait dans le concis lol
une petite citation d'andreï makine (La Musique d'une Vie) (livre magnifique btw)

Le monde tout entier ressemblait à ce jeu de couleurs : il suffisait de retirer une mince feuille grisâtre de mauvais souvenirs et la joie éclatait.

Andreï Makine
miss mushroom
miss mushroom
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 143
Age : 30
Localisation : france :-( singapour i lov u!!)
Classe : MP*1
Date d'inscription : 03/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par Invité le Jeu 17 Aoû 2006 - 1:57

Le joujou du pauvre, Baudelaire

Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables!
Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions à un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme.
Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie.
Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté.
A côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait:
De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, sale, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un oeil impartial découvrirait la beauté, si, comme l'oeil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère.
A travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même.
Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.

Sinon pour Proust, ça a été une espèce de révolution pour moi.
Je n'avais jamais osé en lire car tout le monde m'avait dit que c'était l'ennui. Déjà que je lis peu...En lisant "Un Amour de Swann" pour la prépa j'ai pris un plaisir incroyable, et je compte en lire encore au cours de l'année prochaine! J'espère que les cours de français ne vont pas trop m'en gâcher le bon souvenir...

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par emmo le Jeu 17 Aoû 2006 - 10:42

souvenir de Candide (xineph tu le connais celui-là, si tu t'en souviens (italy powa) ça a pas mal changé depuis^^ (heureusement d'ailleurs))

Aujourd’hui mon âme a pris le train échappant au rythme insoutenable de la civilisation hostile et menaçante, cette civilisation, cette nouvelle vie, s’insinuant en vous comme un poison pernicieux. En entrant dans notre moyen de locomotion, je senti les effluves de parfums inconnus. Mon plaisir fut immense d’être accepté dans une guilde de cinq brillants personnages qui scintillaient, mes étoiles qui m’indiquaient la voie. Notre train se stoppant dans sa course effrénée vers la lumière m’apparut enfin comme le moyen d’échapper à la civilisation, ce lierre envahissant. Mais si j’arrivais à me hisser dans le train mes problèmes s’effaçant, cette force supérieure fit une tentative désespérée pour m’arracher à ma fuite. Durant tout le week-end, un stress pesant permanent était présent dans mes relations, ceci engendra le fait que je faillis être imponctuel. Finalement j’eus de la chance et j’arrivai à l’heure. Ce soir dans le wagon, voyant tant de bonheurs, tant de plaisirs, je ne puis m’empêcher de me dire que je suis un privilégié et de m’interroger néanmoins quant à mon mérite dans le bonheur et l’excellence. C’est ainsi que je laisse vagabonder mon âme avant de m’assoupir.

un autre:

Sa longue crinière de tout son éclat étincelle, ondulant gracieusement, générant le bonheur, généreuse. Chaque minute volée à la regarder, sans jamais la quitter, à coté chaque moment sans elle est pour lui une perte de temps dilapidant sa salive à expliquer, à se justifier devant la société. Honteux, distrait, il s’en va pensant à sa dulcinée imaginaire, dépendant de son vertueux poison, égaré dans la rue, la rue l’égarant. Il s’enivre de cet alcool chaque matin. Beauté idéalisée d’un jeune esprit paraissant infini et infânable. Il la voit, elle a l’air paisible, il se noie dans ses deux lagons bleus et contemple les cerises à croquer d’où s’échappe bouillonnant un filet couleur sang. Étendue au coin de rue, mise en valeur, hommage à sa beauté, qui fâne, beauté de tant de jours en un jour effacé, la rue, pâle, froide, et terre l’abandonnent.
emmo
emmo
Administrateur
Administrateur

Nombre de messages : 1127
Age : 30
Localisation : When I die, I\'ll go to heaven because I\'ve served my time in HeLLG
Classe : avec pomy
Date d'inscription : 29/06/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par Nibelheim le Jeu 17 Aoû 2006 - 13:36

A mon tour alors Embarassed

Cruautés Parisiennes
(bah quoi ? What a Face )

La rue s’étendait sous mes yeux. Tout les cinq mètres, bref îlot de réalité, les halos bleus d’un réverbère. Devant moi, l’écho des pas d’un autre. Derrière moi, le silence. Frisson. Je regarde distraitement l’heure à mon poignet, et sourit doucement. Le jour ne se lève que dans une heure. Comme un goût amer de fin de nuit, et de retour au vrai. Des ombres frissonnantes au détour des trottoirs, les derniers regards fanés sous le porche des hôtels miteux. Celui devant moi marche vite, j’ai du mal à le suivre, le rattraper. Je contemple peut-être trop. Au fond de ma tête, un air un peu surfait, lancinant. On était dans une heure où les gens de la nuit ferment les paupières et où ceux du petit matin s’animent. Un ou deux balayeurs dansent les yeux rivés au sol. Le bruit du balai qui griffe l’asphalte. Et je marche toujours, en quête d’un inconnu à aimer, d’une phrase saisie au vol au coin d’une rue, pour inventer une histoire aux hommes.
Pendant longtemps, j’ai suivi les mêmes personnes. Je m’attachais à une existence, n’en démordait plus. Faute de savoir vivre ma propre vie, je m’appropriais celle des autres. Il y avait cette femme au regard triste, celle de la rue voisine, qui dormait beaucoup trop le jour. Celle à qui j’arrachais le sourire … Celle qui avait un joli cou d’oiseau. On devinait dans ses yeux qu’elle rêvait de voyage. J’aime me bercer d’illusions pendant les instants où l’on ne pense pas. Et j’ai cru, rien qu’un instant avoir été heureux, quand je me perdais, me noyais dans ses mots. Ou à l’occasion dans ses bras mielleux.
Je me balade dans les anciennes rues Coupe-gorge, je contemple les maisons abandonnées. Derrière les fenêtres condamnées, je me crée des fantômes qui hurlent de vivre. Des fous à lier rien qu’à moi. Je livre mon esprit tout entier à des violences imaginaires, comme pour mieux me récompenser d’être encore là. Pourtant, je dois être un homme normal. Je souris aux enfants enfermés dans les cours d’école. Je bouscule les passants, je cours pour rattraper le temps. J’ignore les agonies sur les bancs publics, les hurlements dans les foules. Je fais juste comme si je n’avais rien vu.
Nibelheim
Nibelheim
Demi-pensionnaire
Demi-pensionnaire

Nombre de messages : 517
Age : 30
Localisation : Nord de la France, n'en déplaise à Dany Boon
Classe : Etudiante, master de Lettres Modernes (ex HK1 dans des temps reculés)
Date d'inscription : 28/06/2006

Voir le profil de l'utilisateur http://carnets-plume.blogspot.com

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par xineph le Sam 19 Aoû 2006 - 11:16

ah le carnet de bord... j'avais fait comme toi Emmo je crois bien.

bon comme j'ai lancé le topic, faut bien que je poste quelque chose

et comme j'aime bien casser l'ambiance!

Le rapport ne mentionne pas que le corps Joe von Brent fut retrouvé éviscéré dans un bac à ordures ; son nom figure juste sur la plaque commémorative aux morts pour la Science et pour les Etats Unis qui fut apposée à Washington. Mais qui s’en soucie ? Un mort est un mort.
xineph
xineph
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 239
Localisation : ¨Parcmètre land"
Classe : PCSI2 (mais pas ici)
Date d'inscription : 03/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur http://xineph.deviantart.com

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par galgala le Mer 23 Aoû 2006 - 13:28

Aah... Giono... Giono !!

En arrivant à sa ferme, Jacquou eut soif. Il avait semé tout le jour. Sa bouche avait le goût de la balle de blé. « J'ai vu, dit-il, là-bas, du côté de la Jourdane, deux petites choses grosses comme des mouches. Ça devait être Jourdan et Bobi. » Il s'en alla jusqu'à sa cave. C'était un silo étroit creusé dans lui tertre, à vingt pas derrière la ferme. C'était bouché par une porte de pierre. Dedans, ça faisait la chambre. Il entra. C'était frais et ça sentait la racine. Il mâchait dans sa bouche le goût de terre et de blé. Dans l'ombre, il savait où se trouvait le puise-bois. C'était une grosse écuelle creusée dans un billot de bouleau. Il la mit sous la chantepleure et il la remplit. Il but à même. Le goût de blé, et de terre descendit dans son ventre. Dans sa bouche, il eut le goût du vin. C'était son vin. C'était du vin neuf fait d'un mois avec les raisins de vingt rayons de pauvre vigne. C'était un peu vert, mais c'était fait. Plus de douceur. Toute la douceur du raisin était changée d'âpreté sur la langue et dans cette chaleur qui lui flambait soudain aux boyaux. « La vie est belle », dit-il.

(Que ma joie demeure)

galgala
Prend ses marques
Prend ses marques

Nombre de messages : 74
Age : 30
Localisation : ENS
Classe : 1ère année
Date d'inscription : 23/08/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty topic: prose

Message par frida le Ven 25 Aoû 2006 - 12:07

J'embraye sur ta lancée gionophile :

"J'étais là, plié dans mon caban, et tout extasié. On brûlait des genêts morts, sur la place, et le village sortait tout vivant de la fumée. Des maisons où on allumait les lampes clignaient de l'oeil. Le clocher haussa le bras ; il avait de la dentelle au poignet et sa main fuselée voulait me faire regarder la haute nuit. Oui, là-haut dessus, c'était seulement la nuit qui venait, la nuit précoce d'hiver encore saignante de froid, mais elle était plus vivante que cette nuit que je regardais par la fenêtre de l'atelier de mon père. Celle-là avait doucement posé son ventre vert sur le ruissellemnt immobile des collines, ses ongles égratignaient encore le couchant dans son énervement de gros oiseau et elle déployait ses ailes dans tout le ciel, le couvrant tout, l'endormant du lent éventement de ses plumes. Ses ailes couvraient le monde jusqu'aux lointaines montagnes et, pour la première fois, petit montagnard regardant s'endormir devant moi la marée immobile des terres hautes, je me mis à frissonner en imaginant la nuit sur la mer."
Jean le Bleu, Madame Massot
Magnifique, non ?
frida
frida
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 159
Age : 30
Localisation : Paris XIVe
Classe : KH.
Date d'inscription : 04/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par galgala le Ven 25 Aoû 2006 - 15:42

Alors là, Frida, je fonds...

J'enchaîne avec un extrait du Droit à la Paresse de Paul Lafargue (lecture dont la pertinence, à neuf jours de la rentrée, n'échappera à personne...), qui, j'en conviens, a quelques relents marxistes... mais bon : Paul n'était pas pour rien le genre de Karl. Et puis, quel style !!!


Puis commencera la grande pièce : "Le Vol des biens de la nation".
La France capitaliste, énorme femelle, velue de la face et chauve du crâne, avachie, aux chairs flasques, bouffies, blafardes, aux yeux éteints, ensommeillée et bâillant, s’allonge sur un canapé de velours ; à ses pieds, le Capitalisme industriel, gigantesque organisme de fer, à masque simiesque, dévore mécaniquement des hommes, des femmes, des enfants dont les cris lugubres et déchirants emplissent l’air ; la Banque à museau de fouine, à corps d’hyène et mains de harpie, lui dérobe prestement les pièces de cent sous de la poche. Des hordes de misérables prolétaires décharnés, en haillons, escortés de gendarmes, le sabre au clair, chassés par des furies les cinglant avec les fouets de la faim, apportent aux pieds de la France capitaliste des monceaux de marchandises, des barriques de vin, des sacs d’or et de blé. Langlois, sa culotte d’une main, le testament de Proudhon de l’autre, le livre du budget entre les dents, se campe à la tête des défenseurs des biens de la nation et monte la garde. Les fardeaux déposés, à coups de crosse et de baïonnette, ils font chasser les ouvriers et ouvrent la porte aux industriels, aux commerçants et aux banquiers. Pêle-mêle, ils se précipitent sur le tas, avalant des cotonnades, des sacs de blé, des lingots d’or, vidant des barriques ; n’en pouvant plus, sales, dégoûtants, ils s’affaissent dans leurs ordures et leurs vomissements... Alors le tonnerre éclate, la terre s’ébranle et s’entrouvre, la Fatalité historique surgit ; de son pied de fer elle écrase les têtes de ceux qui hoquettent, titubent, tombent et ne peuvent plus fuir, et de sa large main elle renverse la France capitaliste, ahurie et suante de peur.

galgala
Prend ses marques
Prend ses marques

Nombre de messages : 74
Age : 30
Localisation : ENS
Classe : 1ère année
Date d'inscription : 23/08/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par xineph le Dim 27 Aoû 2006 - 10:55

arg

moi qui esayait de faire revenir sur des lectures plus paiennes, et ils sortent du Giono.

Tu te souviens du grand troupeau emmo?
xineph
xineph
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 239
Localisation : ¨Parcmètre land"
Classe : PCSI2 (mais pas ici)
Date d'inscription : 03/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur http://xineph.deviantart.com

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty topic: prose

Message par frida le Dim 27 Aoû 2006 - 13:12

Bon, alors je vous mets du Saint-Ex en espérant que ça vous plaira... Wink

"Les deux jeunes filles réapparurent aussi mystérieusement, aussi silencieusement qu'elles s'étaient évanouies. Elles s'assirent à table avec gravité. Elles avaient sans doute nourri leurs chiens, leurs oiseaux, ouvert leur fenêtre à la nuit claire, et goûté dans le vent du soir l'odeur des plantes. Maintenant, dépliant leur serviette, elles me surveillaient du coin de l'oeil, avec prudence, se demandant si elles me rangeraient ou non au nombre de leurs animaux familiers. Car elles possédaient aussi un iguane, une mangouste, un renard, un singe et des abeilles. Tout cela vivant pêle-mêle, s'entendant à merveille, composant un nouveau paradis terrestre. Elles régnaient sur tous les animaux de la création, les charmant de leurs petites mains, les nourrissant, les abreuvant, et leur racontant des histoires que, de la mangouste aux abeilles, ils écoutaient.
Et je m'attendais bien à voir deux jeunes filles si vives mettre tout leur esprit critique, toute leur finesse, à porter sur leur vis-à-vis masculin, un jugement rapide, secret et définitif. (...) Et j'étais d'autant plus gêné de sentir mes juges si avertis. Juges qui savaient distinguer les bêtes qui trichent des bêtes naïves, qui savaient lire au pas de leur renard s'il était ou non d'humeur abordable, qui possédaient une aussi profonde connaissance des mouvements intérieurs. (...)
À mon tour, à la dérobée, je regardai ces jeunes filles. Leur finesse, leur rire silencieux derrière le paisible visage. Et j'admirais cette royauté qu'elles exerçaient...
Aujourd'hui, je rêve. Tout cela est bien lointain. Que sont devenues ces deux fées ? Sans doute sont-elles mariées. Mais alors ont-elles changé ? Il est si grave de passer de l'état de jeune fille à l'état de femme. Que font-elles dans une maison neuve ? Que sont devenues leurs relations avec les herbes folles et les serpents ? Elle étaient mêlées à quelque chose d'universel. Mais un jour vient où la femme s'éveille dans la jeune fille. (...) Alors un imbécile se présente. Pour la première fois des yeux si aiguisés se trompent et l'éclairent de belles couleurs. L'imbécile, s'il dit des vers, on le croit poète. On croit qu'il comprend les parquets troués, on croit qu'il aime les mangoustes. (...) On lui donne son coeur qui est un jardin sauvage, à lui qui n'aime que les parcs soignés. Et l'imbécile emmène la princesse en esclavage."
frida
frida
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 159
Age : 30
Localisation : Paris XIVe
Classe : KH.
Date d'inscription : 04/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par emmo le Dim 27 Aoû 2006 - 20:10

oki vous l'avez cherché (xinpeh à l'aide^^):
La mort de Nana, Zola
Elle partit, elle ferma la porte. Nana restait seule, la face en l'air, dans la clarté de la bougie. C'était un charnier, un tas d'humeur et de sang, une pelletée de chair corrompue, jetée là, sur un coussin. Les pustules avaient envahi la figure entière, un bouton touchant l'autre; et, flétries, affaissées, d'un aspect grisâtre de boue, elles semblaient déjà une moisissure de la terre, sur cette bouillie informe, où l'on ne retrouvait plus les traits. Un oeil, celui de gauche, avait complètement sombré dans le bouillonnement de la purulence; l'autre, à demi ouvert, s'enfonçait, comme un trou noir et gâté. Le nez suppurait encore. Toute une croûte rougeâtre partait d'une joue, envahissait la bouche, qu'elle tirait dans un rire abominable. Et, sur ce masque horrible et grotesque du néant, les cheveux, les beaux cheveux, gardant leur flambée de soleil, coulaient en un ruissellement d'or. Vénus se décomposait. Il semblait que le virus pris par elle dans les ruisseaux, sur les charognes tolérées, ce ferment dont elle avait empoisonné un peuple, venait de lui remonter au visage et l'avait pourri.
et bon appétit bien sûr!!!
emmo
emmo
Administrateur
Administrateur

Nombre de messages : 1127
Age : 30
Localisation : When I die, I\'ll go to heaven because I\'ve served my time in HeLLG
Classe : avec pomy
Date d'inscription : 29/06/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par xineph le Dim 27 Aoû 2006 - 20:26

Horace Mac Coy - Un Linceul n'a pas de poches

Un cri de terreur contracta sa gorge, mais avant qu'il eut pu jaillir, ses tympans éclatèrent, et le minuscule point lumineux qui était le bout de l'impasse, avec une soudaineté terrifiante, fonça sur lui, rouge, hurlant, irrésistible.
Il savait qu'on le tuait et il ne pouvait penser qu'à une seule chose: et si Myra s'était arrétée ce matin là pour prendre son café ?
Puis le sommet de son crane vola en eclats et il tomba, le visage en avant, sur la poubelle, tandis que ses doigts montaient vers sa figure pour tâcher de boucher son nez

un excellent livre sur la liberté de la presse et les Etats Unis.

(tiens bon Emmo)
xineph
xineph
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 239
Localisation : ¨Parcmètre land"
Classe : PCSI2 (mais pas ici)
Date d'inscription : 03/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur http://xineph.deviantart.com

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty topic: prose

Message par frida le Dim 27 Aoû 2006 - 21:28

eh ben voilà, bravo vous m'avez traumatisée... Shocked
frida
frida
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 159
Age : 30
Localisation : Paris XIVe
Classe : KH.
Date d'inscription : 04/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par MooMooB (Guillaume) le Dim 27 Aoû 2006 - 23:33

@frida a écrit:eh ben voilà, bravo vous m'avez traumatisée... Shocked
oh non! les méchants!

MooMooB (Guillaume)
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 174
Age : 32
Localisation : Paris XVIII
Classe : MP*4 --> Ecole Polytechnique
Date d'inscription : 29/06/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty topic: prose

Message par frida le Dim 27 Aoû 2006 - 23:44

Si ! Sniiiiiif ! Il était temps que tu arrives *renifle renifle* No
(demain mes cocos je vous poste du Lautréamont, oui je sais c'est sensé être de la poésie mais je m'en fous je vous le colle là, et traumatisera bien qui traumatisera le dernier..... Twisted Evil )
ps : si vous êtes pas sages j'y mets du Céline. Na.
frida
frida
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 159
Age : 30
Localisation : Paris XIVe
Classe : KH.
Date d'inscription : 04/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par galgala le Lun 28 Aoû 2006 - 0:34

Eh bien, en attendant Frida, voici un peu de Bataille. Et vous m'en direz des nouvelles !!!

Ces étoiles, ces bougres par centaine en flammes sur le sol : le sol où s’alignait la foule des tombes illuminées. Je pris Dorothea par le bras. Nous étions fascinés par cet abîme d’étoiles funèbres. Dorothea se rapprocha de moi. Longuement elle m’embrassa dans la bouche. Elle m’enlaça me serrant violemment. C’était, depuis longtemps la première fois qu’elle se déchaînait. Hâtivement nous fîmes hors du chemin, dans la terre labourée, les dix pas que font les amants. Nous étions toujours au dessus des tombes. Dorothea s’ouvrit, je la dénudai jusqu’au sexe. Elle-même elle me dénuda. Nous sommes tombés sur le sol meuble et je m’enfonçai dans son corps humide comme une charrue bien manœuvrée s’enfonce dans la terre. La terre, sous ce corps, était ouverte comme une tombe, son ventre nu s’ouvrit à moi comme une tombe fraîche. Nous étions frappés de stupeur faisant l’amour au dessus d’un cimetière étoilé. Chacune des lumières annonçait un squelette dans une tombe, elles formaient ainsi un ciel vacillant, aussi trouble que les mouvements de nos cœurs mêlés. Il faisait froid mes mains s’enfonçaient dans la terre : je dégrafais Dorothea, je souillais son linge et sa poitrine de la terre fraîche qui s’était collée à mes doigts. Ses seins, sortis de ses vêtements étaient d’une blancheur lunaire. Nous nous abandonnions de temps à autre, nous laissant aller à trembler de froid : nos corps tremblaient comme deux rangées de dents claquent l’une dans l’autre. Le vent fit dans les arbres un bruit sauvage. Je dis en bégayant à Dorothea, je bégayais, je parlais sauvagement : - mon squelette... tu trembles de froid... tu claques des dents... Je m’étais arrêté, je pesais sur elle sans bouger, comme un chien. Soudain, j’enlaçai ses reins nus. Je me laissai tomber de tout mon poids. Elle poussa un terrible cri. Je serais les dents de toutes mes forces. A ce moment, nous avons glissé sur un sol en pente. Il y avait plus bas une partie de rocher en surplomb. Si je n’avais, d’un coup de pied, arrêté ce glissement, nous serions tomber dans la nuit ; et j’aurais pu croire, émerveillé, que nous tombions dans le vide du ciel.

galgala
Prend ses marques
Prend ses marques

Nombre de messages : 74
Age : 30
Localisation : ENS
Classe : 1ère année
Date d'inscription : 23/08/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par Mick le Lun 28 Aoû 2006 - 0:40

c'est zolie, j'aime bien, bien que je ne lise jamais de poésie en vers ou en prose, c'est assez touchant.

Et ça fait froid dans le dos quand on se met dans la peau du personnage Gloups
Mick
Mick
Squatte la cafet'
Squatte la cafet'

Nombre de messages : 357
Age : 28
Localisation : quleque part...
Classe : sconde 5
Date d'inscription : 28/06/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty topic: prose

Message par frida le Lun 28 Aoû 2006 - 0:52

@galgala a écrit:Eh bien, en attendant Frida, voici un peu de Bataille. Et vous m'en direz des nouvelles !!!
Ah pas mal, pas mal...bien riposté cher collègue ! *ton docte*
il me vient une idée, venez on poste du Sade pour traumatiser les MP....La Philosophie dans le boudoir je crois que c'est le pire... Twisted Evil
frida
frida
A l'aise
A l'aise

Nombre de messages : 159
Age : 30
Localisation : Paris XIVe
Classe : KH.
Date d'inscription : 04/07/2006

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[Littérature] topic: prose Empty Re: [Littérature] topic: prose

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 3 1, 2, 3  Suivant

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum